Le Théâtre d’Asmara

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Une vie mouvementée

Conçu en 1919 et achevé un an plus tard, ce théâtre est probablement le dernier ouvrage de Cavagnari, le plus grand ingénieur, et le chef du génie civile, de la ville d’Asmara du début du XX siècle.
Siégeant sur une crête de l’avenue Harnett, et jouxtant aujourd’hui le ministère de l’éducation, il était l’un des bâtiments les plus grands de la ville à l’époque. Principal lieu artistique d’Asmara, il accueillait alors concerts, spectacles de danse et de théâtre.

A l’origine, le plan de conception incluait la construction d’un restaurant et de courts de tennis, mais le retrait soudain des commanditaires du projet a condamné ce premier programme aux oubliettes. Le bâtiment n’a d’ailleurs jamais été réellement achevé, comme les finitions manquantes du portique le prouvent. Récupéré par le gouvernement italien en 1927, il a été vendu à une société industrielle qui l’a transformé en un complexe récréatif composé de magasins et d’une salle de danse. En 1937, le théâtre a été aménagé en cinéma. Ce dernier a fonctionné pendant 20 ans avant d’être vendu, en 1957, au gendre d’Haile Selassie, alors représentant de l’empereur en Érythrée.

Aujourd’hui, cette pièce d’architecture semble avoir retrouvé sa fonction initiale de théâtre et l’ancienne salle de danse, mitoyenne, a été reconvertie en bureau de télécommunication.

Un décor romanesque et bucolique

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Vue de l’avenue Harnett

Construite en béton renforcé et habillée de brique et de plâtre, la façade symétrique offre un assortiment de style Roman et Renaissance. Un des éléments les plus caractéristiques est le portique, composé de sept arches romaines soutenues par de fines colonnes ioniques. Le portique est surmonté d’une tribune à laquelle on accède depuis l’intérieur de la bâtisse.

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Portique surmonté d’une tribune

On le rejoint par deux élégants escaliers circulaires latéraux qui font la jonction avec l’avenue Harnett. Des jardins, où trône une imposante fontaine en béton, agrémentés de massifs de fleurs complètent le décor de la proue du bâtiment.

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Escalier extérieur
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Fontaine

Jardin - JPEG

Si l’on emprunte une petite rue latérale du côté ouest de l’édifice, les trois parties de la bâtisse sont alors clairement distinguables : aire d’accueil des visiteurs, auditorium et scène, et enfin arrière-scène. Le mur latéral propose ainsi un décor bariolé fait de béton et de construction en pierre habillé de styles différents : roman et néo-classique.

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Façade latérale
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Cet éclectisme stylistique, le caractère inachevé de l’édifice, son apparence négligée -aucun travail de rénovation n’a jamais été engagé- et le relatif abandon du jardin lui offrent aujourd’hui un aspect romanesque et mélancolique qui détonne avec le reste des bâtiments de la rue ; notamment avec ses voisins, le ministère de l’éducation et le siège des télécommunications du pays.

Un intérieur enchanteur

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La salle de réception propose une billetterie et un bar ainsi qu’une galerie supérieure qui fait l’essentiel du tour de la salle. En son long, d’élégantes balustrades permettent aux visiteurs d’embrasser la salle des yeux et de profiter de l’agitation de l’étage inférieur.
Deux portes, encadrées de deux escaliers conduisant aux balcons et aux loges supérieures, donnent accès à l’auditorium. Environ 750 personnes peuvent être accueillies dans ce théâtre qui a tous les attributs d’un petit opéra.

Dôme - JPEG

Un impressionnant dôme en forme de soucoupe habille le plafond : on peut y voir une fresque circulaire de 8 femmes dansant la ronde. Des paons, en nombre identique, assistent en retrait à cette gracieuse sarabande. L’esthétique de la fresque rappelle les courbes de l’art nouveau : le mouvement y est perceptible et les thèmes relatifs à la nature, à la vie et au sensible – lié aux sens- présents. Cette fresque reste, au grand plaisir de l’amateur, en très bonne condition.

Une activité modeste

Toute trépidation a quitté ce lieu de fête qui baigne aujourd’hui dans une ambiance retirée et mélancolique. Le théâtre n’abrite aujourd’hui plus qu’un modeste café, où une population majoritairement masculine vient paisiblement jouer aux dominos à l’ombre du préau.
L’auditorium n’est plus vraiment utilisé et reste la majeure partie du temps fermé. Quelques représentations théâtrales ou musicales lui permettent néanmoins de revêtir pendant un moment son rôle d’antan, de temple du divertissement et du spectacle.

Vue de l'avenue Harnett
Portique surmonté d'une tribune
Fontaine
Façade latérale
Escalier extérieur
Balustrades
Escalier latéral
Dôme
Jardin

Dernière modification : 13/01/2017

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